28 juillet 2011

L'instant photo




°Le Gruyère d'alpage°

37ans que Freddy monte à l'alpage du côté de la Berra,
à 30 minutes de marche du Bi Gîte,
le chalet où Barbara et Susanna ont élu domicile pour l'été.
Là-haut, Freddy hume l'air qui sent bon,
caresse la nature,
la respecte et l'apprivoise.
Là-haut, il bichonne le troupeau de vaches qui déambulent,
libres et heureuses.
Ces "demoiselles", dont il s'occupe soigneusement,
lui donnent le bon lait qui lui sert à la fabrication du Gruyère d'alpage.
Un fromage saisonnier, fabriqué d'avril à octobre.
Ce Gruyère-là, a un goût aromatique, au fin bouquet des hauts pâturages,
souvent fruité et savoureux.
Alors quand Barbara et Susanna ont besoin de beurre ou de fromage,
elles vont faire leurs emplettes du côté de chez Freddy.
Bâton en main et bonnes chaussures aux pieds,
elles s'en vont à travers champs rejoindrent leur voisin.
1h de marche aller-retour mais peu importe,
elles sont heureuses de cette promenade.
Le sourire est toujours là.




23 juillet 2011

L'instant photo




°A l'alpage, 1ère série°

Sur la crête de la Berra (Suisse) l'estive se décline au féminin pluriel.
Accroché sur un flanc de montagne, le Bi Gîte (Bidjitho en patois)
trône quelques dizaines de mètres sous le sommet de la Berra
offrant une vue plongeante sur la vallée verdoyante.
Les exploitants de ce chalet traditionnel sont deux jeunes femmes
d'à peine trente ans: Barbara et Susanna.
Ensemble, elles bouclent des journées bien remplies:
traite des chèvres à l'aurore, production de tommes qu'elles revendent aux alentours, pose de clôtures etc...
Et même que Susanna fabrique de la bière,
qu'elle brasse elle-même dans la chaudière du chalet !

Les deux femmes, proches de la nature, vont vivre ainsi durant 4 mois,
sans eau courante, ni électricité.
Quand le soleil s'en va, elles terminent leurs journées
à la lueur des bougies et si les nuits sont douces, elles sortent guitare
et accordéon.
Quelques notes de musique s'élèvent dans les airs
et apportent sourire à qui les entends.
Au Bi Gîte, on est heureux.



18 juillet 2011

Mini-tartelettes épicées au citron et aux framboises




Quelques photos, comme ça
et quelques tartelettes, comme ça,
toutes simples.




Ingrédients pour 25-30 mini-tartelettes (source: Mes petits gâteaux)

  • 125 g de farine
  • 1 cc de bicarbonate de sodium
  • 1 cc d'épices à pain d'épice
  • 1/2 cc de cannelle en poudre
  • 1/2 cc de cardamome en poudre
  • 65 g de cassonade
  • 75 g de beurre mou
  • 2 cs de lait
  • 125 g de framboises
  • sucre glace pour saupoudrer (facultatif)
Pour le lemon curd
  • 4 beaux citrons
  • 3 oeufs
  • 1 cs de Maïzena
  • 100 g de cassonade
  • 30 g de beurre demi-sel


Mélanger la farine, le bicarbonate, les épices et la cassonade.
Ajouter le beurre en petits morceaux et travailler la pâte
du bout des doigts pour obtenir un mélange sableux.
Ajouter le lait et pétrir la pâte afin qu'elle soit souple
et homogène (si la pâte est trop sèche, ajouter un tout petit peu de lait).
Faire une boule, l'envelopper de film alimentaire
et réserver 1h au frais.
Presser les citrons et verser le jus dans une casserole.
Ajouter les oeufs battus, la Maïzena et le sucre
et fouetter vivement.
Porter sur feu doux et faire cuire pendant 5 minutes
en remuant sans cesse.
Quand le mélange commence à épaissir, ajouter le beurre,
toujours en remuant.
Quand il a épaissi, retirer du feu et laisser refroidir.
Préchauffer le four à 180C.
Sur le plan de travail fariné, étaler la pâte sur 5 mm d'épaisseur
et détailler en disques de 3 ou 4 cm de diamètre à l'aide
d'un emporte-pièce cannelé.
Poser les biscuits sur une plaque recouverte de papier sulfurisé,
enfourner pour 7 à 10 minutes, en surveillant la cuisson
car la pâte noircit rapidement.
Au terme de la cuisson, sortir les biscuits et laisser refroidir sur une grille.
Garnir une poche à douille cannelée de lemon curd
et déposer sur chaque biscuit une spirale de crème.
Garnir d'une framboise et saupoudrer de sucre glace au moment de servir.

Le reste de lemon curd se conserve une semaine au réfrigérateur.


11 juillet 2011

Venir au monde de Margaret Mazzantini




"Peut-être trouverions-nous une autre vie dans les fonds marins. 
Des poissons, pensai-je, nous ne sommes que des poissons, aux branchies qui s'ouvrent et se referment... 
une mouette vient et s'empare de nous, puis, tout en nous démembrant, nous emporte dans le ciel. C'est peut-être ça, l'amour."


Certains livres m'ont fait pleurer.
Je me souviens avoir versé mes premières larmes à la lecture de l'écume des jours de Boris Vian.
J'avais 15 ans.
A l'époque, les livres me dérangeaient, m'énervaient, m'agaçaient.
Je subissais, pages après pages.
Un jour, le professeur de français est arrivé en cours avec une liste complète 
d'une centaine d'ouvrages imprimée sur une feuille A4.
Nous devions tous choisir une oeuvre en vue d'une analyse et d'un exposé.
J'ai grimacé.

Mon premier choix s'était fixée sur Terre des hommes de Saint-Exupéry.
Mais trop tard. Un camarade de classe, plus réveillé que moi, l'avait déjà sélectionné.
J'ai poursuivi, totalement perdue devant tous ces auteurs
et ces titres qui ne réveillaient en moi aucune étincelle.
J'enrageais, je ruminais, je paniquais, je désespérais.
Puis miracle, merci.
L'écume des jours s'est offert à moi.
Un titre lumineux, nostalgique et un léger goût de sel qui me plaisait.
C'est ainsi, qu'à l'âge de 15 ans, pour la première fois de ma vie,
un livre m'amenait à des sensations et des émotions extrêmes.
J'ai refermé l'écume des jours en sanglots, le coeur battant,
et surtout avec une envie folle,
sauvage et effrénée de découvrir d'autres romans.
La folie des livres prenait son envol.

En ce mois de juillet, d'autres larmes sont arrivées.
Elles sont nées à la lecture de Venir au monde de Margaret Mazzantini.

A Rome, un matin de 2008, Gemma monte à bord d'un avion
avec son fils de seize ans, Pietro, à la découverte de la ville où il est né
et sur les lieux où est mort son père, Diego, qu'il n'a jamais connu.
Destination: Sarajevo.
Ville frontière entre l'Occident et l'Orient, meurtie par un passé encore brûlant.
A l'aéroport les attend Gojko, poète bosnien, ami fraternel qui, à la joyeuse époque
des Jeux olympiques d'hiver 1984, présenta à Gemma l'amour de sa vie, Diego,
le photographe des flaques.
Ce voyage à la recherche des origines est aussi l'occasion pour Gemma de régler
ses comptes avec le passé.

Voici plantés les éléments avec lesquels l'auteur construit son roman.
Une histoire d'amour poignante entre deux êtres qui s'aiment et que la vie va secouer.
Une histoire de guerre poignante et la quête éperdue d'une femme pour devenir
mère dans une ville dévastée par la guerre.

Ce voyage de Gemma vers son passé, Margaret Mazzantini le raconte dans un long monologue, 
à fleur d'émotion, avec des zooms effrayants sur le siège de Sarajevo.
Coup de poing au coeur.
Les larmes n'ont pu être retenues.


Extraits:

"Il est écrit sur son passeport qu'il est né à Sarajevo. Il pense que cette ville est un no man's land où j'ai échoué par hasard, pour suivre un père qu'il n'a pas connu. Une seule fois, il m'a demandé comment il était né. Il était en neuvième, il fallait qu'il raconte sa naissance dans un devoir. Nous avons collé une photo de lui, bébé, sur une feuille cartonnée. "Qu'est-ce que j'écris, maman ?"
(...) Puis j'ai vu son devoir affiché avec ceux des autres enfants sur le grand tableau scolaire de fin d'année. (...) J'ai fait face aux mots de mon fils, un gobelet d'orangeade à la main. Il avait décrit une naissance banale et douceâtre. Et cette banalité m'émouvait. Nous étions comme les autres - moi, une maman "très douce", et lui, un "nouveau-né joufflu". Notre histoire absurde se perdait parmi tous ces récits de naissances normales, aux rubans bleus et roses. Il avait inventé cela mieux que moi. Aussi maigre que son père, le visage pâle du citadin, tournant vers moi ses yeux paisibles de parfait complice, il m'a lancé: "ça te plaît, maman ?"
Une de mes larmes a coulé dans l'orangeade."

"Sebina aimait les poèmes de son frère, mais elle posait trop de questions.
Il lui répondait: "Les poèmes ne s'expliquent pas. Quand ils atteignent le bon endroit,
tu les sens, ils grattent au fond de toi."
- C'est quoi le bon endroit ?
- Cherche-le."

"Elle parle maintenant de Janis Joplin. Elle se rembrunit. Elle a cessé de manger,
elle regarde droit devant elle.
- De temps en temps, au ciel, Dieu montre quelqu'un du doigt et lui dit:
"Toi, viens avec moi."
On ne peut pas dire non à Dieu. Il s'immisce dans votre corps, il vous déchire l'âme.
C'est pour supporter Dieu que Janis se droguait."

4 juillet 2011

Découverte gourmande: Suikansyuku






"Suikansyuku"
un wagashi acheté en mars dernier
dans la petite confiserie japonaise "Minamoto Kitchoan" à Londres.
Il est composé d'un persimon confit (famille du kaki)
roulé dans du sucre
et fourré d'une masse réalisée à base de white bean.
Un wagashi joli, oui
mais peu réjouissant en bouche.
Dommage ! Les saveurs n'ont pas su se révéler excitantes.

L'emballage, quant à lui, m'a séduite.
Raffiné, doux, chantant.
Tout ce que j'aime.

Minamoto Kitchoan
44, Piccadilly
London